Musée de la chimie Jarrie
Dès 1915, Grenoble et ses alentours développent l’industrie chimique du chlore pour répondre à l’utilisation allemande du gaz de combat pendant la Première Guerre mondiale. L’industrie chimique nécessite à son tour de développer les voies de communication, le réseau électrique et la métallurgie : il commence l’exploitation des mines de sel gemme d’Hauterives, la construction et l’utilisation des saumoducs qui arrivent jusqu’aux industries grenobloises, lesquelles transforment le sel en chlore, hydrogène et soude par électrolyse.
Jarrie prospère avec ses usines jusqu’au premier choc pétrolier de 1973 ; pour ce pôle chimique français, c’est alors le début d’un lent déclin.
L’« Association des amis du musée de la chimie » est créée en 1982 par des anciens salariés et par René Romano, Roger Bayle (maire de Jarrie) et Péchiney Ugine Kuhlmann (directeur de l’usine). En 1986, l’association contribue à la fondation du musée, qui ouvre ses portes dans les 300 m2 des caves de la demeure Jouvin en 1987. Le musée possède les échantillons de borures métalliques réalisés en 1929 par le professeur Lucien Andrieux, futur directeur de l’Institut d’électrochimie et d’électrométallurgie au sein de l’Institut polytechnique de Grenoble.
Les Jouvin, grâce à leur réussite dans l’industrie du gant, ont construit plusieurs demeures de maître dans la commune.
Au départ de votre parcours vous pouvez apprécier le parc du Clos Jouvin ; parc paysager avec un jardin à l’anglaise, des bassins d’ornements, des escaliers et des bosquets. C’est une création voulue par les Jouvin lors de leur acquisition de la bâtisse en 1860.
La bâtisse est aujourd’hui la propriété de la Mairie de Jarrie et elle abrite le Musée de la Chimie.

Dans les années 2000, le musée est rescénarisé à l’initiative de l’assistante de conservation Caroline Guérin. L’association est municipalisée en 2007. Après une fermeture de 18 mois pour travaux, le musée de la chimie a rouvert ses portes le 17 mai 2014.
La visite guidée, qui dure 1 h 30 environ, est conduite la plupart du temps par d’anciens chimistes des « Amis du Musée ». Une partie de la visite se développe dans le parc paysagé du Clos Jouvin.
L’exposition présente les sujets :
• évolution de la chimie de l’Antiquité au XXe siècle ;
• essor des plateformes chimiques de Pont-de-Claix et de Jarrie (et l’arrivée de grands groupes en XXe siècle) ;
• la chimie du XXIe siècle (et les applications domestiques de l’industrie chimique aujourd’hui, notamment dans la fabrication de matériaux innovants).
• Le public est invité à observer les réactions chimiques, à comprendre la pile à combustible, a découvrir le secret de la fabrication des pierres synthétiques (saphirs, rubis, etc.) et le rôle du chlore dans divers processus (par exemple dans la production du zirconium qui est au cœur des centrales nucléaires), aussi bien qu’à comprendre le fonctionnement des appareils parmi lesquels on remarque la maquette d’une colonne à distiller de 2 m de hauteur.

Principe de l’électrolyse

Schéma de la production de dihydrogène et de dioxygène par électrolyse de l’eau.
• La matière à décomposer ou à transférer est dissoute dans un solvant approprié, ou fondue de sorte que ses ions constitutifs soient disponibles dans la solution.
• Une différence de potentiel électrique est appliquée entre deux électrodes immergées dans cette solution.
• La cathode est le siège d’une réduction et, l’anode le siège d’une oxydation. Le potentiel de l’anode étant supérieur (ou égal dans une pile court circuitée) au potentiel de la cathode on peut dire que l’anode est la borne positive et que la cathode est la borne négative. Notons que ces bornes sont inversées dans le cas d’une pile.

 


• Lors du passage d’un courant électrique continu, les électrodes attirent à elles les ions de charge opposée.
A l’anode se produit donc une réaction d’oxydation tandis que la cathode est le siège d’une réaction de réduction. De même, les anions (–) migrent toujours vers l’anode (+) tandis que les cations (+) migrent vers la cathode (–).