Antoine Brun est né à Ste Consorce – Marcy les loups, en 1822, de parents cultivateurs relativement aisés. Il poursuit le métier d’agriculteur mais l’activité hivernale et artisanale de sabotier le passionne. Le travail du bois va prendre une place de plus en plus importante dans sa  vie.

En 1846 il épouse Catherine, qui décède quelques mois après le mariage en mettant au monde un enfant mort-né.

De son 2ème mariage avec Marie Assadas il aura 3 enfants. Dévoré par sa passion, ses enfants sont livrés à eux-mêmes, ils sont placés sous l’autorité d’un tuteur, l’oncle de son épouse.

Marie sa 1ere fille, handicapée mentale est recueillie par les Petites soeurs des pauvres.

Antoine son 2ème enfant est alcoolique et Claude son cadet se suicide à 21 ans après un échec amoureux. Il n’a donc pas de descendance.

Ayant démarré comme sculpteur de sabots, il entreprend de fabriquer des maquettes et crée un village en bois, puis le plan en relief de Lyon et ses immeubles, sur 12 m2.

Fils unique d’agriculteurs il est seul a hériter de propriétés foncières au village de Ste Consorce. (Bois, terre, prés, vignes près de 17 hectares repartis en plusieurs lieux-dits).

En 1862 à l’âge de 40 ans, il commence à vendre quelques unes de ses terres au profit de la commune, terrains où seront construits la mairie et le cimetière de Ste Consorce. Il se sépare d’autres propriétés en 1876 et 1886. C’est sûrement pour poursuivre sa passion qu’il vend peu à peu le patrimoine foncier hérité de sa famille et acquis par ses mariages.

Il réalise près de 400 modèles réduits de bâtiments isolés. Ces maquettes représentent des monuments du monde entier. Il utilise des gravures comme base de travail (Il note sur un carnet le nombre de fenêtres, de portes, de colonnes et le nombres de pas), puis des photographies sans jamais avoir quitté Lyon. Les maquettes sont de tailles variées et sans aucune échelle entre elles. Elles révèlent plusieurs techniques de fabrication différentes.

3 types de fabrication :

– des blocs sculptés dans la masse et fixés sur des planchettes assemblées par des chevilles

– des planchettes de faible épaisseur assemblées pour former les toits d’édifices et les parois,

– des maquettes constituées d’une combinaison des 2 techniques.

Tout est sous forme de puzzle, sans colle.

Plusieurs essences de bois sont utilisées. Le tilleul tendre se taille bien pour le corps des maquettes, le sapin pour les socles, mais aussi du hêtre, du merisier, du chêne ou du noyer.

Il a toujours travaillé seul.

Son oeuvre, dont il a fait un musée chez lui a la fin de sa vie, est alors reconnue par ses comptenporains qui viennent la contempler.

En 1882 le Club des arts de Tarare lui remet un diplôme du mérite pour son plan de Lyon en relief.

En 1914 son oeuvre est présentée au Casino de Charbonnieres les Bains à l’exposition internationale de Lyon et à l’auberge de Ste Consorce.

L’exposition est stoppée à la déclaration de la guerre.

A sa mort le 29 janvier 1900 ses enfants ne sont pas en mesure de gérer son oeuvre dans un musée. Ce qui rend périlleuse la conservation des maquettes (désintérêt, dispersion, oubli et vers de bois).

En 1970 une partie de la collection est retrouvée chez un antiquaire en Ardèche. Un restaurateur récupère l’expo.

Rachetée par le SIVOM des Monts du Lyonnais, elle sera reconstituée par l’Association des Amis du Musee d’Antoine Brun. Les bénévoles restaurent la collection. Le musée ouvre avec 170 pièces.

Françoise Saintpierre

Noel Drapier