un peu d'histoire

La Ciotat et Ceyreste ne formaient qu'une même agglomération jusqu'au xve siècle.

La Ciotat est appelée La Ciutat en provençal et La Ciéutat selon la norme mistralienne.

Le nom de La Ciotat, signifie simplement la cité, alors que le village de Ceyreste tire son nom du majestueux Bec de l'Aigle qui domine la ville ; les Grecs anciens l'appelèrent Kitharistès, ce qui signifie en grec ancien le joueur de cithare. À leur tour les Romains reprirent le nom en le transposant en latin sous la forme Citharista, qui a donné Ceyreste.

Histoire

On note une présence humaine dans les collines de La Ciotat, avec l’implantation de tribus sédentaires au néolithique final (3000 - 2000 av. J.-C.).

Organisés en tribus, les premiers habitants de La Ciotat vivent de cueillette, de chasse, de pêche, mais aussi d’élevage et d’agriculture.

Les cuestas de calcaire et les falaises ont livré de nombreuses traces de fréquentations humaines, en particulier à l’Abri de la Marcouline, à Cassis (-9000 ans), au pied du Cap Canaille à la Baume Noire. Le gîte d’Ellianac, abrité par la falaise de la route des Crêtes, a livré plusieurs céramiques, des silex taillés, des restes de nourriture ainsi que des sépultures. De plus, la grotte de Terrevaine a permis de mettre au jour de nombreuses sépultures collectives et quelques objets : elle est considérée comme la plus importante sépulture énéolithique de la Basse Provence.

Les abris du Cirque de Mallombre ont certainement servi de repaire à l’homme primitif ; la Grotte de Fardeloup a livré au début du siècle des pointes de flèches. Les abords du stade de l’Abeille ont révélé des éclats de silex taillés et un fragment de hache. En 1983, un étroit boyau (Grotte du Clou) livre aux membres du Spéléo-Club de La Ciotat une alêne de l’âge du bronze : premier objet métallique pour la préhistoire ciotadenne.

                -Antiquité

Néanmoins, l'installation du premier établissement sur la route maritime des navigateurs antiques remonte au ve siècle av. J.-C..
À cette époque, la ville acquiert une grande prospérité grâce à la pêche et au commerce. L'activité du port contribue au développement économique de la cité.

En 2005, des fouilles archéologiques exécutées à proximité immédiate du Port-Vieux ont permis de découvrir des vestiges de maçonneries qui pourraient appartenir à une exploitation vinicole ou oléicole des IIe–Ier siècles avant notre ère. Des bâtiments datant des périodes romaine et antique tardives (Ier–VIIe siècle) ont été mis au jour en limite du rivage.

La ville apparaît comme un modeste hameau de 200 habitants4 dépendant de Ceyreste. Les moines détiennent alors un pouvoir considérable sur le territoire.

En plein essor économique, grâce à son trafic maritime, le bourg de La Ciotat marqua peu à peu sa volonté d’autonomie.

En 1429, de graves querelles concernant la garde des terres « communes » éclatèrent entre La Ciotat et Ceyreste. Les délégués des deux communautés trouvèrent alors une solution : le partage du territoire de Ceyreste, scindé en deux communautés distinctes et indépendantes.

Dès lors, La Ciotat se développe rapidement : elle construit son Fort Béroard, ses remparts, son église et géra son propre commerce. Des familles italiennes originaires de Gênes s'installent. La Ciotat compte bientôt 10 000 habitants4.

L'épidémie de peste, qui ravage la Provence en 1720, épargne toutefois La Ciotat grâce au courage et à l'organisation des Ciotadens.

Afin de se protéger du fléau, la cité ferme ses portes aux étrangers. Lorsque les troupes de la garnison de Marseille veulent se réfugier en ville, ce sont les Ciotadennes qui les en empêchent.

Le port de la ville se transforme alors en entrepôt de commerce : les subsistances et surtout le blé, à destination de Marseille et de la Provence, transitent alors par la ville, préservant ainsi la région de la famine.

L'église paroissiale, Notre-Dame de l'Assomption, conserve deux précieux témoignages de la peste de 1720 : un tableau de Michel Serre sur lequel est représenté le bateau qui apporta la peste, repartant de la baie de La Ciotat, sans secours, vers Marseille, ainsi qu'une vue de Cassis à l'époque de la peste5.

-La Révolution et le Premier Empire

Peu avant la Révolution française, l’agitation monte. Outre les problèmes fiscaux présents depuis plusieurs années, la récolte de 1788 avait été mauvaise et l’hiver 1788-89 très froid. L’élection des États généraux de 1789 avait été préparée par celles des États de Provence de 1788 et de janvier 1789, ce qui avait contribué à faire ressortir les oppositions politiques de classe et à provoquer une certaine agitation6. C’est au moment de la rédaction des cahiers de doléances, fin mars, qu’une vague insurrectionnelle secoue la Provence. Une émeute frumentaire se produit à La Ciotat le 26 mars7. Si elle se limite finalement à un rassemblement assorti de cris et de menaces envers les possédants8, elle parvient à obtenir la suppression d’un impôt, le piquet, de manière temporaire. Il est ensuite rétabli, mais à un taux moins élevé9. Dans un premier temps, la réaction consiste dans le rassemblement d’effectifs de la maréchaussée sur place10. Une garde bourgeoise est créée, afin de pallier de futurs soulèvements9. Puis des poursuites judiciaires sont diligentées, mais les condamnations ne sont pas exécutées, la prise de la Bastille comme les troubles de la Grande peur provoquant, par mesure d’apaisement, une amnistie début août11.

En 1800, la rébellion s’essouffle progressivement avec la nomination du nouveau maire de La Ciotat, Bernardin Ramel, par le premier consul Bonaparte. Le retour du curé et des prêtres au presbytère, la suppression du calendrier républicain au 1er janvier 1806, le rétablissement des anciens noms de rues en 1808, marquent bien la fin de l'ère révolutionnaire.

Néanmoins, la multiplication des attaques britanniques achève de ruiner La Ciotat. Peu à peu, la population diminue et s’appauvrit.

À l’heure où s’effondre l'Empire, La Ciotat se trouve très affaiblie.

 

Source Dailymotion